génération m-touristes

NDLR – Ce billet est composé de deux parties, la première (et présente) partie est consacrée à l’usage du numérique dans la stratégie gouvernementale de promotion du tourisme français. La seconde (planifiée) portera, par analogie, à l’étude sur la part et le rôle du numérique dans la promotion du tourisme tunisien, à la croisée des chemins.

La France est la première destination touristique mondiale, avec ses 84 millions de touristes (contre à peine 6 millions pour la Tunisie). Le dernier classement en matière de compétitivité du secteur touristique du World Economic Forum lui attribue la seconde place mondiale (79è pour la Tunisie). Enfin, pour compléter le podium, la France est classée troisième en termes de recettes (rien à voir avec nos recettes touristiques).

Pour faire du tourisme français le premier au monde toutes catégories confondues, le Gouvernement français ne compte pas lésiner sur les moyens et a entrepris depuis juin 2014 un véritable plan de bataille avec à la clé 30 mesures très concrètes pour booster la destination France.

Pas plus tard qu’hier matin, le ministre français en charge du portefeuille, M. Laurent Fabius, a reçu et présenté aux médias le rapport du « Conseil de promotion du tourisme », que je partage avec vous en avant-première sur MEEL, histoire de le mettre à profit de nos décideurs sur ce secteur névralgique complètement déboussolés par la crise qui frappe le tourisme tunisien et pris dans la tourmente de la gestion quotidienne des problèmes combien nombreux, qui ont surgi après les tragiques attentas du musée du Bardo, et qui rendent plus difficile une vision à moyen et long termes.

laurent fabius

Dans ce rapport d’orientation, l’action du Gouvernement français et ses partenaires va se concentrer sur 4 axes prioritaires : l’Accueil, la Formation, l’Investissement, et bien évidemment le Numérique.

Pour établir son rapport en question, ce Conseil consultatif a auditionné un panel de 250 professionnels du secteur du tourisme et représentants des pouvoirs publics, afin d’établir une stratégie du tourisme français à l’horizon 2020. Parmi les 40 propositions du rapport général du conseil, Laurent Fabius en a retenu une vingtaine qu’il considère urgentes, dont une bonne partie est consacrée au développement des technologies numériques et à la transformation digitale dans le tourisme français.

Cela passe en gros par la refonte du portail de promotion touristique, la couverture par le très haut débit des principales zones touristiques, l’adoption d’un « Citypass » dématérialisé en région parisienne, la clarification des relations contractuelles entre les acteurs traditionnels du secteur touristique et les grandes plates-formes de réservation (Booking.com & Cie), la promotion de l’innovation digitale, ainsi que le recours à la formation en ligne et aux MOOCs.

Le numérique en tant que côté du «carré du succès» de la promotion du tourisme !

Dans son discours prononcé, à l’occasion de la remise du rapport général du Conseil de promotion du tourisme, le ministre français des affaires étrangères et du développement international a fait savoir que « le tourisme est un trésor national« .

discours fabius

Après avoir introduit le contexte et le cadre général de ce rapport, il a retenu en tant qu’axes prioritaires pour la « phase 2 » de son plan d’action en faveur du tourisme français, une vingtaine de propositions parmi une quarantaine que le groupe de travail formé associant acteurs publics et privés, aurait proposé dans ce rapport.

Ces vingtaines de mesures retenues composent ce qu’il appelle le « carré du succès » : « Un carré en général a quatre côtés et nous allons donc concrètement avancer sur les quatre côtés du carré : le numérique, l’accueil, la formation, l’investissement« .

J’enchaîne ici avec l’extrait du discours prononcé par M. Fabius consacré au « côté numérique du carré » en appui au rapport intégral proposé en consultation en fin de citation :

Le rapport insiste à juste titre sur une évolution majeure : le numérique est et sera de plus en plus important dans chaque expérience touristique et dans tous les métiers du tourisme. Un exemple qui vient de notre vie quotidienne : un nombre croissant de touristes réservent leur voyage sur Internet en se fondant sur telles ou telles précisions ou sur les recommandations d’autres internautes, ils partent à la découverte de leur lieu de vacances grâce à des outils innovants de géolocalisation. Qu’il s’agisse des touristes ou des professionnels, à chaque étape de la chaîne de valeur et d’action le numérique est devenu central. Le tourisme français peut y trouver soit un levier puissant de développement, soit un risque de décrochage si les avancées nécessaires n’y sont pas menées et vite. Je salue à cet égard l’annonce du groupe Accor – devenu désormais AccorHotels.com -, qui a décidé de lancer sa propre plateforme de réservation d’hôtels en ligne, opérationnelle en juillet, en liaison avec des indépendants.

Ce n’est pas parce que le numérique est fondamental que la dimension humaine l’est moins mais les mesures nécessaires visent deux objectifs : permettre à notre tourisme de mieux exploiter les potentialités liées au numérique ; établir un meilleur équilibre entre les acteurs traditionnels du tourisme et les nouveaux acteurs du numérique. D’abord – c’est le b.a.-ba -, pour promouvoir la destination France, nous devons avoir un portail Internet national à la hauteur de nos ambitions. Il est souhaitable de disposer d’une porte d’entrée unique : j’en dirai plus à l’automne. De manière générale, les administrations doivent mieux se coordonner pour assurer une protection suffisante aux marques françaises – marques régionales, marques thématiques, marques d’entreprises. J’invite tous les acteurs du tourisme à se mobiliser sur cette question importante des noms de domaine : les entreprises doivent veiller à assurer la protection de leurs noms et de leurs marques. Nous devons associer des opérateurs privés – je pense par exemple aux grands acteurs de l’Internet mobile – à la promotion de ces marques. Atout France assurera un pilotage national : des partenaires privés pourront nous appuyer dans la diffusion de ces marques et de leurs contenus, notamment par le développement d’applications. D’ici la fin de l’année, il est prévu que des conventions soient signées entre le ministère des affaires étrangères et ces partenaires dans ce but.

Toujours dans le domaine du numérique, la clarification des relations contractuelles entre les hôteliers et les grandes plateformes de réservation est un sujet très important et cette clarification est en cours. En avril, il avait été obtenu que le site de réservation en ligne Booking.com s’engage auprès de l’Autorité française de la concurrence à rétablir un certain équilibre dans ses relations avec l’hôtellerie traditionnelle. Les engagements concernaient, entre autres, le nombre de chambres qu’un hôtel peut proposer à la réservation sur son propre site, et la politique promotionnelle qu’il peut conduire auprès de ses clients. Pour autant, un problème majeur demeurait : celui de la marge de manoeuvre dont disposent les hôtels dans leur politique promotionnelle sur leur propre site Internet, afin d’attirer de nouveaux clients non fidélisés. Le «contrat de mandat», qui a été voté hier, vise à répondre à cette difficulté. Pour être parfaitement clair, dans l’esprit du gouvernement, l’hôtelier reste et restera libre d’accorder à ses clients tout avantage tarifaire ou promotionnel qu’il jugera approprié.

Numérique toujours. Il est essentiel que nos infrastructures et nos services reflètent la qualité française du numérique. C’est un paradoxe, notre pays possède une excellente réputation dans ce domaine – j’ai pu constater que notre «French Tech» s’exporte à New York, mais en revanche certains Américains découvrant la France séjournent parfois dans des zones mal couvertes par le très haut débit. Un plan très haut débit est en cours de déploiement : il permettra d’obtenir une couverture de qualité sur tout le territoire, notamment dans les zones à forte fréquentation touristique. Un programme de couverture en Internet mobile permettra également d’accompagner les collectivités qui le souhaitent, afin de cibler spécifiquement les zones touristiques non couvertes en 3G actuellement. J’invite aussi les professionnels à proposer le wi-fi gratuit le plus largement possible – comme ADP – dont le président est ici présent – qui a généralisé le wi-fi gratuit dans ses aéroports. Je veux saluer cette décision et saluer aussi l’initiative récente du Comité régional Paris Ile-de-France qui a pris des dispositions pour faciliter l’accès des touristes à la 4G.

Car nous devons utiliser le numérique sous toutes ses formes pour simplifier la vie du voyageur. Un «Citypass» est en cours de préparation en Ile-de-France : ce sera un support magnétique sur lequel le touriste disposera sous forme dématérialisée de son ticket de métro, de son entrée au musée du Louvre ou au château de Versailles, ainsi que d’autres services. Je souhaite – je m’en suis entretenu avec les responsables – que ce «Citypass» soit en place avant l’Euro de football de mi-2016, prochain événement touristique majeur.

D’une façon générale, le Quai d’Orsay veillera à promouvoir l’innovation numérique dans ce domaine. Dans cet esprit, j’accueillerai prochainement pour son lancement un nouveau site de «e-tourisme», produit par la dynamique société Webedia, intitulé Le Bon Guide, en anglais The Good Guide. Je me réjouis de toutes les actions numériques de nos opérateurs pour dynamiser notre tourisme. Dans le monde entier d’ailleurs, les sites de chacune de nos ambassades et, si elles le veulent bien, de nos Alliances françaises comporteront désormais un lien avec l’accueil des touristes en France. Bref, la consigne, c’est tout le monde sur le pont… sur le pont numérique.

Voilà, tout un programme pour confirmer l’excellence de la destination France qui fait la part du lion aux usages numériques et au digital. Tous les acteurs du tourisme y sont concernés.

Sans plus tarder, je vous laisse découvrir et consulter dans son intégralité le rapport général produit par le Conseil de promotion du tourisme français à l’horizon de 2020 !

Pour ma part, je vous donne rendez-vous la semaine prochaine avec la suite et fin de ce post, pour vous parler du cas tunisien avec un focus sur le « Pilier Tourisme Web-compatible » de la fameuse étude stratégique du tourisme tunisien à l’horizon 2016, réalisée par le cabinet de conseil « Roland Berger », ainsi que des mesures orientées « e-tourisme » prévues dans le PNS Tunisie Digitale 2018, et bien d’autres choses en relation avec le sujet…

D’ici là, je vous souhaite bonne lecture et bon weekend !

Nader Yamoun

Auteur : Nader Yamoun

Expert en inbound marketing et Consultant en transformation digitale des Entreprises. Fondateur et Manager de l'agence Web Design, agence digitale web et mobile. Anime à Tunis la communauté Google Business Groups des professionnels du marketing en ligne. Gère un Blog professionnel pour aider les entreprises à faire le cap du digital, baptisé Mon Entreprise En Ligne - MEEL. Profil Twitter | Profil Google+