podium forum e-export CCI Centre

Retour sur le premier Forum e-Export organisé le 02 octobre 2014 à Sousse à l’initiative de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Centre, ayant pour thème « Développer vos exportations via Internet », pour vous dresser un compte rendu très synthétique des principaux moments forts de cette journée ayant réussi à drainer une audience de professionnels venus découvrir les opportunités qu’offrent Internet, le commerce électronique et le web-marketing aux exportateurs et primo-exportateurs tunisiens.

La journée a démarré vers 9h 30 avec une plénière riche en présentations d’experts et d’intervenants dans l’écosystème du digital et du commerce extérieur.

M. Khaled Bettaieb, DG de la Société Monétique Tunisie a présenté des indicateurs clés du commerce électronique tunisien, mettant le focus sur les filières exportatrices ou ayant un potentiel à l’exportation. Notre représentant du système monétique tunisien défend le postulat que le problème du e-commerce en Tunisie réside dans l’offre et non pas dans la demande, illustrant des exemples d’événements ayant drainé des revenus records, pour peu que l’offre soit alléchante, à l’image de la vente de billets de concerts, ou de grands matchs de foot.

Notre ami Taher Mestiri (IT Grapes) a exposé les barrières à l’entrée pour les entrepreneurs dans l’exportation des services en ligne, à l’image des développeurs d’applications mobiles qui sont contraints de payer des redevances en devise avant d’espérer faire des revenus soit à travers la vente en ligne ou la publicité mobile.

Des témoignages d’experts sur des cas de réussite d’entreprises tunisiennes dans ce domaine sont venus clôturer cette première session matinale.

Trop de e-marketplaces tue les e-marketplaces !

La deuxième session était plus axée sur la présentation de projets de plateformes e-business orientés export, communément appelées « Virtual Marketplaces« . Le succès fulgurant du géant chinois Alibaba.com dans la bourse de Wall Street revenait presque dans toutes les présentations, arguant la viabilité du modèle de places de marchés électroniques B2B orientées exportation de biens et services.

Ainsi, entre : i) grands projets de plateformes e-Business annoncées par M. Lazhar Bannour (en charge du portefeuille e-commerce au Ministère du Commerce et de l’Artisanat) inscrits dans le cadre du projet « Tunisie Digitale 2018« , ii) le projet de place de marché B2B baptisée « Trading Tunisia » présenté par M. Hassen Dhrif (PDG d’Open Vision) et en cours de réalisation par les CCI de Tunis et du Centre, et iii) l’appel à candidature pour l’adhésion des entreprises tunisiennes au projet VMP conjointement du Centre du Commerce International et de la Banque Mondiale, les exportateurs tunisiens sont gâtés et semblent avoir l’embarras de choix pour faire leurs marques sur ces places de marchés électroniques.

Cela sans compter le pure player « Made-in-Tunisia.net » ou la plateforme de GS1 Tunisia, deux projets opérationnels présentés également dans le cadre de ce Forum.

Espérons toutefois que cette profusion d’initiatives louables ne vienne pas créer une confusion et par conséquent un effet inverse auprès des exportateurs tunisiens, déjà réticents à l’adhésion au projet VMP.

L’on aura plutôt aimé voir un programme de coaching des exportateurs pour faire le virage digital en vue de les doter d’un passeport pour l’économie numérique et de les accompagner à faire leur propre « transition numérique », avant de les embarquer dans des projets « complexes » nécessitant une mise à niveau préalable et une organisation ad hoc, qui généralement fait défaut à nos exportateurs tunisiens.

En effet, le simple fait d’être présent sur un marketpkace n’est pas une fin en soi, et ne garantit nullement un succès aux entreprises adhérentes. Sortir du lot fait partie du parcours du combattant et requiert une mobilisation et un suivi rigoureux, ne serait-ce que pour améliorer son référencement ou présenter efficacement ses produits et son offre sur ces plateformes de commerce international.

Je cite ici l’anecdote de Skander Haddar, PDG de TPM, société éditrice de la plate-forme électronique Made-In-Tunisia, qui a pu témoigner lors d’un voyage récent en Chine de la logistique et des ressources en place chez des exportateurs à qui il a rendu visite, et qui font le suivi en tant réel de leur activité sur Alibaba, Tradekey et co.

Autre fait à signaler, beaucoup d’entreprises pensent que la simple présence de leur catalogue de produits sur ces e-Marketplaces les épargne d’avoir un site Web propre à elles, tout comme celles qui s’auto-suffisent d’une présence sur Facebook au détriment d’avoir un site Web sur lequel positionner leur stratégie digitale.

Elles ont totalement tort de se comporter de la sorte et ne tarderont pas à constater l’absence d’un R.O.I. à leur « économies de bouts de chandelle ».

Mais là c’est un autre problème qu’on aura l’occasion de traiter dans un prochain post !

Nader Yamoun

Auteur : Nader Yamoun

Expert en inbound marketing et Consultant en transformation digitale des Entreprises. Fondateur et Manager de l'agence Web Design, agence digitale web et mobile. Anime à Tunis la communauté Google Business Groups des professionnels du marketing en ligne. Gère un Blog professionnel pour aider les entreprises à faire le cap du digital, baptisé Mon Entreprise En Ligne - MEEL. Profil Twitter | Profil Google+