déjeuner débat sur la Carte Technologique Internationale

Retour aux choses sérieuses sur MEEL après le fake-post du premier avril à propos du congé sabbatique en Tunisie du Googler John Mueller.

Aujourd’hui, je suis de retour sur les colonnes de « Mon Entreprise En Ligne » et j’hésite déjà entre deux sujets d’actualité, le premier concerne notre agence Web Design (ce qui a un peu justifié mon silence radio ces derniers temps), qui vient de décrocher et d’entamer un nouveau marché au Bénin pour le compte d’un super-ministère faisant valoir notre expertise sur le CMS TYPO3, et l’autre relatif à un sujet d’intérêt plutôt général autour de la fameuse “Carte Technologique Internationale” ou la fameuse Carte bancaire pour développeurs qu’on s’apprête à lancer en Tunisie.

Si le premier sujet est un #Agency_Life, et donc à portée limitée, j’ai donc décidé de lui consacrer un billet très prochainement (même si en substance l’information est là), et de me concentrer sur le second d’utilité et audience plus large…

Aujourd’hui, mon billet est une réflexion autour du visa donné pour la mise sur le marché des cartes bancaires internationales pour développeurs, sujet qui semble t-il a fait couler beaucoup d’encre ces derniers jours jusqu’à devenir un sujet d’intérêt national voire même de “surenchère politique”…

Voyons-voir, de quoi on parle là ?!

D’abord, pour rendre à César ce qu’il lui appartient, l’idée d’une solution bancaire pour aider les développeurs tunisiens à percer sur le Web et le mobile n’est pas en soi une idée nouvelle ou du moins c’est un projet antérieur à l’arrivée du ministre M. Noomane Fehri (Super-Nomo pour les intimes), à la tête du ministère des TIC, qui n’a fait que pousser davantage en fixant des deadlines à son opérationnalisation, ce qui est en soi quelque chose dans ce Bled.

Or si notre “Super Nomo”, le e-transformer en chef et une des rares lueurs d’espoir de ce gouvernement fébrile, a fait de la mise sur le marché de la fameuse “Carte développeur” un point dans son programme gouvernemental des 100 premiers jours, à tel point que c’est presque devenu une « obsession » pour lui (à suivre ses fameux comptes-rendus nocturnes de ses journées à la tête de son ministère sur Facebook), ceci semble déranger certains dans les coulisses de voir le ministre se focaliser sur des problèmes « mineurs » pour ne pas dire “superficiels” au détriment des vrais problèmes de fond du secteur (mise en route du PNS Tunisie Digitale 2018, Smart Tunisia, Conseil stratégique du numérique, relance de projets grands et petits, PPP), il aura même sur ce quik-win « butter » sur la transversale pour prêter une expression foot-balistique, même si au fond l’intention est bonne puisque au moins il aura le mérite d’essayer de marquer…

Je m’explique : certes la revendication d’un groupe de jeunes enthousiastes à la tête garnie de quelque gros rêves de devenir un jour les Next big things et futures Success stories de la “App-economy” (on est tous passé par là un jour) est tout à fait légitime, mais il semble même que leur revendication principale qui a attiré les pouvoirs publics sur ce malaise certes bien réel ait été un peu “détournée” (par qui par quoi, on ne le sait pas) !

En effet, on se rappelle tous de la campagne #WinouPaypal qui a fait le buzz (je déteste ce buzzword) sur les réseaux sociaux en janvier. La revendication était pourtant claire et limpide : introduire Paypal, le plus connu des systèmes de paiement électronique sur Internet, en Tunisie comme moyen de transactions (vente et achat) en ligne aussi bien à l’échelle nationale qu’internationale.

Voilà qu’après, un changement de cap a eu lieu quelque part et on nous sorte de j’en sais pas où et comment cette affaire de Carte électronique développeur, prétendant que c’est une alternative miracle à PayPal !!!

Bref, un avis de connaisseur ayant suivi de près cette affaire est vivement recommandé ici sur notre colonne (A vos commentaires en bas).

Super-Nomo… votre prochain champ de bataille est bien #PayPal !

Pourquoi je pense que dépenser l’énergie et le temps nécessaires à persuader le système bancaire tunisien et Paypal (l’entreprise, qui n’attend que ça en effet) à introduire et à adopter ce moyen de paiement électronique en Tunisie aura été plus opportun que de partir vers la conception d’une nouvelle carte d’achat en devise plafonnée ?!

Tout d’abord, parce que le commerce électronique tunisien, qui a généré un CA de près de 100 millions de dinars en 2014, a tout simplement et tout bonnement besoin d’un moyen de paiement aussi puissant et aussi reconnu que PayPal pour se développer davantage et développer ainsi un écosystème favorable aux développeurs tunisiens !

Ensuite, parce que l’introduction d’un pareil moyen de paiement universel pourra développer le commerce cross frontières et contribuera à dégripper la machine des exportation tunisiennes à l’arrêt ou presque…

Enfin, parce que la Net-economy nous a enseigné quelque chose de précieux : il faut coller au standards et ne pas essayer de réinventer la roue, et pour moi le standard en matière de e-payments c’est bien PayPal…

carte visa paypal

Mais au fait, qui est PayPal ?!

Paypal est plus qu’un moyen de paiement électronique, c’est « votre réflexe sécurité pour payer et être payé en ligne ».

Fondé en 1998 et acquise par eBay en 2002, PayPal est rapidement devenu l’un des leaders mondiaux des solutions de paiement en ligne, totalisant à ce jour plus de 153 millions d’utilisateurs dans le monde entier. Disponible sur 190 marchés dans le monde entier et dans 24 devises, PayPal constitue une véritable plate-forme de commerce électronique mondial, permettant d’effectuer des paiements dans des lieux, des devises et des langues différentes.

Plusieurs pays voisins supportent PayPal dans leurs systèmes monétiques depuis 2014 : je cite particulièrement le Maroc, grâce à un accord PayPal avec AttijariWafa Bank et l’Egypte qui vient tout juste d’accéder à un Egypte : nouveau palier de coopération avec Paypal en permettant aux e-commerçants égyptiens de vendre en ligne dans le monde entier en acceptant des paiement en devise via PayPal !

Qu’en est-t-il de la Tunisie ?!

En Tunisie, la situation est pour le moins qu’on puisse dire au statu quo, la Banque Centrale qui fait toujours blocage au système, la SMT qui occupe le terrain et la Poste avec son eDinar qui tente de séduire en le labellisant Smart (Pas si Smart que ça d’ailleurs).

Entre temps, le train (qui est devenu depuis un TGV) est en train de creuser l’écart à notre grand malheur, et fait même un Casa-Caire-Dubai sans s’arrêter à Tunis !!!

Même le projet pilote #VMP (Virtual Market Places), aussi ambitieux soit-il, pour la mise sur orbite de PME exportatrices sur les Places de Marchés Électroniques tâtonne pour trouver la bonne formule et résoudre entre autres des problèmes relatifs au paiement, à la fois de redevances d’inscription des PME dans ces places de marchés (l’équivalent des App Stores pour l’écosystème mobile) et à l’encaissement de l’argent issu des transactions réalisées depuis ces VMP !!!

virtual market places

Voilà un autre paradoxe de plus de la Net-economy “Made in Tunisia” qui cache un autre malaise dans notre modèle économique national et au passage un « big fail » coté structures représentatives des entreprises (UTICA & Cie) : un groupe de jeunes (Big up les gars) non structuré et sans poids comparativement à celui des Patronats qui arrive à faire bouger les choses, dans leur sens, alors qu’on échoue ailleurs à mobiliser des corps de métiers entiers concernés par la filière e-commerce (Artisanat, Services, Textile et habillement, Agro-alimentaire, etc), à faire du lobbying pour faire bouger les choses et faire cette fameuse et tant attendue “Transformation digitale de l’économie tunisienne”.

Hélas, cette situation me fait penser à l’adage qu’on peut pas faire du nouveau avec du vieux dans ce petit pays, qui a besoin de sang neuf à tous les niveaux et surtout lorsqu’il s’agit de transformation du modèle économique classique vers l’économie numérique.

Mais ceci est encore et toujours une autre histoire…

Bref, je me contenterai de dire حالتنا متعبه أصل :(

Nader Yamoun

Auteur : Nader Yamoun

Expert en inbound marketing et Consultant en transformation digitale des Entreprises. Fondateur et Manager de l'agence Web Design, agence digitale web et mobile. Anime à Tunis la communauté Google Business Groups des professionnels du marketing en ligne. Gère un Blog professionnel pour aider les entreprises à faire le cap du digital, baptisé Mon Entreprise En Ligne - MEEL. Profil Twitter | Profil Google+